Le temps ne suspend jamais son vol à Ambohimalaza
Ambohimalaza n'avance pas à reculons. Laissant la nationale 2 au PK 18 et arrivant au quartier d'Ambatofotsy, chef-lieu du village, la première impression est celle d'un aménagement bien pensé, pour ne citer que les réfections réalisées avec un très bon pavage. Trois nouvelles salles ont été rajoutées au superbe Collège d' Enseignement Général qui jouxte la mairie. Des petites infrastructures indispensables aux paysans ont été installées là où ils en ont le plus besoin, pour ne citer que les diguettes, les passerelles, ou les barrages de rétention dont le deuxième est en cours de construction. Le social a aussi fait un grand bond avec la contribution d'associations comme le Rotary International, Minervois Sans Frontières, ainsi qu'une diaspora qui n'a pas oublié le "tany niaviana" ou terre dont on est issu.

Un patrimoine " vivant "
L'image forte qu'on associe de l'extérieur à Ambohimalaza est avant tout celle de son immense nécropole, un véritable village touchant à l'intemporel où toutes les tombes des descendants d'Andriantompokoindrindra sont surmontées de la maisonnette riche de symboles qu'est la "tranomanara ". Le tracé du "hadivory" ou fossé qui l'entoure est encore très net, avec la traditionnelle grande porte.

Lieu de culte
Comme souvent sur le sommet des collines historiques, le Rova d'Andriantompo-koindrindra, le Prince fondateur du village au XVIè siècle, à quelque 2 km du chef-lieu, est un lieu de "Fanasinana " (culte) où nombreux sont ceux qui viennent chercher une bénédiction. Plus nombreux en tous cas que ceux allant sur la tombe de sa soeur Ravaomasina, un peu délaissée, étant d'accès plus difficile. Ces endroits font partie du patrimoine de la commune, et peuvent s'intégrer à des circuits à dominante culturelle auxquels se grefferait avantageusement l'artisanat, car les broderies d'Ambohimalaza sont parmi les plus belles de Madagascar. Et chaque année, pourquoi pas, on pourrait faire revivre le " Jamoka " sous une forme de fête de la viande. (Jamoka est le nom ancien du zébu en Imerina). C'est en effet ici qu'on aurait pour la première fois mangé du boeuf, mais le conditionnel est de rigueur, car cet honneur est aussi revendiqué par Ambohidrabiby et Andringitra Marovatana!
Ainsi va Ambohimalaza, fière de ses valeurs traditionnelles mais gardant le cap sur l'avenir. Des relations de travail ont été tissées jusqu'en Amérique. Le système local d'adduction d'eau par captage et branchement privé a été exposé au Bénin, et érigé en exemple pour toute l'Afrique de l'Ouest. Pour Madame le Maire, et on ne pourra que lui donner raison, Ambohimalaza est la commune rurale malgache la plus ouverte sur le monde.
T. MANORO